Comment apprivoiser son stress avant une performance musicale ?

webinaire anxiété de performance

Lors de nos échanges avec les créateurs et créatrices, une question revient régulièrement : comment gérer son stress ? Si la pression peut être un moteur, elle peut aussi devenir un frein lorsqu’elle prend trop de place avant une performance.

Pour notre cinquième webinaire SMACEM (replay en fin d’article), réalisé en partenariat avec Sacem Plus, nous avons invité Marc Papillon, kinésithérapeute spécialisé dans l’accompagnement physique et mental des artistes. Retour sur les conseils de ce spécialiste sur l’anxiété de performance rencontrée par les artistes et sur la façon de mieux apprivoiser son stress.

Marc Papillon

Passionné de musique depuis l’enfance, Marc Papillon s’est orienté vers la kinésithérapie en s’intéressant à l’anatomie et au geste du musicien. Depuis plus de trente ans, il accompagne les professionnels du spectacle vivant pour les aider à préserver leur intégrité corporelle et à développer leur expression artistique.

Cofondateur de la Clinique du musicien, il consacre aujourd’hui une partie importante de ses recherches à la dystonie de fonction, à savoir un trouble neurologique du mouvement caractérisé par des contractions musculaires involontaires.

Comprendre son stress

Marc Papillon distingue le stress positif et le stress négatif.

Le stress positif correspond à l’élan qui accompagne la présentation de son projet. Cette montée d’adrénaline permet de mobiliser ses ressources et de se confronter à ses pairs comme au public.

À l’inverse, le stress négatif, également appelé anxiété de performance, entrave les capacités développées lors de la préparation. Il est alimenté par la peur de ne pas être à la hauteur de ses propres attentes ou de celles des autres. Plusieurs signes cliniques permettent de l’identifier : mains moites, tremblements, difficultés de concentration ou encore perte de mémoire.

Canaliser son stress

En apprivoisant son stress, l’objectif n’est pas de le faire disparaître totalement, mais d’apprendre à le maîtriser.
Au fil des années, les artistes développent un contrôle moteur très précis pour pratiquer leur instrument ou exercer leur discipline. Face à l’anxiété de performance, beaucoup cherchent instinctivement à se détendre physiquement. Pour Marc Papillon, ce réflexe n’est pas toujours adapté.

Selon lui, ce dont l’artiste a surtout besoin avant d’entrer en scène, c’est d’une décontraction mentale. La tension physique n’est pas nécessairement un problème : au contraire, elle accompagne souvent l’engagement du corps nécessaire à la performance.

Plutôt que de rechercher coûte que coûte le relâchement, il recommande donc de se mettre en mouvement, de mobiliser son corps – se lever, marcher, faire des squats, etc. – et de retrouver les sensations associées aux gestes travaillés pendant les répétitions. Cette mise en action contribue à rassurer le cerveau et facilite l’accès à un état de décontraction mentale.

Focus : la dystonie de fonction

La dystonie de fonction est un trouble neurologique encore peu connu. La manifestation la plus connue de ce trouble est la crampe de l’écrivain, qui provoque des mouvements involontaires et perturbe l’écriture.

Des phénomènes comparables peuvent apparaître chez les musiciens après plusieurs années de pratique intensive. Ces troubles moteurs, bien que non douloureux physiquement, peuvent avoir des conséquences importantes sur la carrière et le bien-être psychologique des artistes. En effet, l’impossibilité de reproduire des gestes normalement maîtrisés est particulièrement difficile à supporter.

Un travail qui se prépare dans la durée

L’anxiété de performance est avant tout une peur qui a besoin d’être rassurée. Ce travail peut commencer bien avant l’échéance.
La visualisation peut être un outil intéressant pour se préparer mentalement. Écrire les messages positifs que l’on souhaite intégrer ou imaginer le déroulement idéal de sa prestation peut contribuer à renforcer la confiance.

Mais le levier principal reste la préparation. Les artistes sont souvent en quête d’amélioration permanente et peinent parfois à considérer leur travail comme suffisamment abouti. Se fixer des objectifs précis permet alors de mieux aborder les échéances.

Marc Papillon recommande notamment d’atteindre une maîtrise solide de son spectacle environ quinze jours avant le jour J. Cette marge de temps offre la possibilité d’affiner les derniers détails, de retrouver du plaisir dans la pratique et de limiter le risque de « trou noir » au moment de la représentation.

À retenir

Le stress n’est pas forcément l’ennemi de la performance. Lorsqu’il est compris et accompagné, il peut devenir un allié. La préparation, la mise en mouvement du corps et la confiance construite au fil du travail constituent autant de clés pour transformer l’anxiété en énergie utile le moment venu.

Sur scène, le corps doit être engagé, mobilisé. L’enjeu n’est pas de rechercher la détente physique à tout prix, mais au contraire d’activer le corps pour apaiser le mental.

Retrouvez tous ces conseils et des exercices pratiques dans le replay du webinaire.

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